samedi 1 mars 2014
BILAWAL BHUTTO RELÈVE LE DÉFI
Sa mère est morte quand il avait 19 ans et étudiait à Oxford. Son père, ex-président, est accusé de corruption mais, au Pakistan, Bilawal peut compter sur l’engagement de ses deux soeurs, Asifa et Bakhtawar.
© Fayyaz Ahmed
Le 27 février 2014
Six ans après la mort de Benazir, son fils se lance dans la Bataille pour le pouvoir. Epaulé par ses soeurs.
Le 30 décembre 2007, quelques jours après l’assassinat de sa mère, Benazir Bhutto, Bilawal est élu coprésident du PPP (Parti du peuple pakistanais), fondé par son grand-père, qu’elle avait dirigé d’une main de fer. Les caciques du parti le jugent immature, à 19 ans, pour pareille fonction. Mais telle était la dernière volonté de Benazir : l’étudiant d’Oxford, unique fls de l’ancienne Première ministre, lui succède donc. Il doit assumer un double héritage : celui du clan Bhutto, marqué par un destin tragique, et celui de son père, Asif Ali Zardari, surnommé « Monsieur 30 % » en référence à ses prises de commission illégales sur les marchés publics. Jeté en prison en 1990, il avait été blanchi en 1993, quand son épouse, Benazir, était devenue la première femme à diriger le gouvernement d’un pays musulman. Asif Ali Zardari, considéré comme la deuxième fortune du Pakistan, s’est ensuite fait élire président l’année suivant l’assassinat de Benazir. Il s’est maintenu à la tête de l’Etat jusqu’en 2013, malgré une enquête internationale pour blanchiment et quatre accusations pour meurtre. Contrainte à la démission en 1996, Benazir Bhutto, à 43 ans, a dû repartir en exil avec ses enfants, Bilawal, 8 ans, et ses soeurs Bakhtawar, 6 ans, et Asifa, 3 ans. Désormais, les descendants de la lignée maudite des Bhutto partagent leur vie entre Londres et Karachi. Les deux soeurs sont investies dans des ONG, dont l’une, Szabist, créée par leur propre mère. Bilawal, lui, à 25 ans, incarne désormais l’avènement d’une nouvelle génération dans cette famille Kennedy à la pakistanaise.
Paris Match. Bilawal, votre rôle cesse, désormais, d’être seulement honorifique à la tête du PPP. Mesurez-vous la mission que représente la direction du plus vieux parti du pays ?
Bilawal Bhutto Zardari. C’est à la fois un honneur et une opportunité. Le Pakistan peut devenir un Etat de paix, progressif, libéral et prospère. Comme l’a dit un jour mon grand-père à propos de notre terre : “Dans un désert qui peut fleurir, personne ne devrait mourir de faim.” J’admets que la tâche est titanesque. Il faut d’abord vaincre la menace du terrorisme. Ensuite, nous devrons nous atteler à restructurer notre économie.
Comment allez-vous gérer les défis et les attentes suscités par le retour des héritiers Bhutto sur la scène politique ?
Bakhtawar Bhutto Zardari. Nous avons toujours voulu rentrer au Pakistan. Ma mère en parlait fréquemment. Par un tour tragique du destin, nous sommes rentrés pour ses funérailles. Ce n’était pas le genre de retour que nous avions imaginé.
Bilawal. Mon identité est pakistanaise. Dans quel autre endroit au monde pourrais-je être moi-même, voir et sentir l’amour du peuple ? Comme ma mère, j’ai porté en moi la nostalgie des paysages, des odeurs et des bruits si typiques de mon pays. Mais ces années d’épreuves m’ont déterminé à agir pour l’avenir du Pakistan.
Bilawal, quelles sont vos ambitions en vous lançant réellement, maintenant, dans l’arène politique ?
Bilawal. Je n’ai absolument aucune ambition de pouvoir. En revanche, j’ai bien l’ambition de faire du Pakistan un Etat moderne. En ce qui concerne la politique, je n’ai pas choisi cette vie, elle m’a choisi. Entre les fonctions ministérielles de mon père et le combat politique de ma mère, j’ai eu deux modèles sous les yeux à un poste d’observation de premier rang. A présent, le moment est arrivé d’assumer plus de responsabilités. Je ne veux pas être parachuté du sommet. Je veux travailler avec la base du parti à travers tout le pays. Mon objectif sera la modernisation et le rajeunissement de ce parti, que je veux mener à la victoire en 2018...
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