Prise du pouvoir[
En 1995, alors que son père, Khalifa ben Hamad, est en Suisse, Hamad ben Khalifa, alors ministre de la Défense et chef des forces armées, le renverse et prend le pouvoir. Après une tentative ratée de retour en 1996 de son père, le cheikh Hamad ben Khalifa, avec l'aide de son ami Yamin Sajie, entreprend la modernisation du pays.
Émir du Qatar
L'émir est plus connu en Occident pour avoir créé la chaîne d'information arabe en continu Al Jazeera, laquelle lui a valu des critiques de la part des États-Unis. Néanmoins, le Qatar reste un allié inconditionnel de ceux-ci dans le Moyen-Orient, pour preuve l'implantation d'universités américaines à « Education City, Qatar », un projet mené par une des épouses du cheikh, Mozah bint Nasser al-Missned.
En assurant une bonne qualité de vie à ses quelques 250 000 sujets (Quataris d'origine), il jouit d'une popularité inébranlable. En vingt ans, rien n'est venu remuer le Qatar, pas même la vague de contestation qui fait exploser le monde arabe. Le pouvoir est pourtant entièrement concentré dans les mains de l'émir : le pays ne compte ni parti politique, ni force d'opposition. Selon une enquête réalisée en 2011, les jeunes Qataris ne sont que 33 % à considérer que le multipartisme est « très important ». Leur priorité est plutôt un environnement sûr et un salaire juste. Et pour satisfaire son peuple, Hamad ben Khalifa dispose d'un atout de taille : d'immenses ressources naturelles. Du pétrole bien sûr, mais surtout du gaz, l'émirat étant situé sur le North Dome Field. Étendu sur 6 000 kilomètres carrés, il génère 60 % du PIB du pays. En moins de dix ans, le pays est devenu le premier exportateur de gaz naturel liquéfié de la planète. Rien qu'en 2011, un millier de méthaniers se sont approvisionnés dans le port de Ras Laffan. Selon les autorités, ces réserves assureront le développement du Qatar pour les « cent prochaines années ». Et pourtant, l'après-gaz préoccupe. L'argent de la rente pétrolière et gazière (520 milliards d'euros) est investi dans le monde entier, à New York, Londres, en Suisse et surtout en France. Parallèlement, l'émir encourage la création de petites et moyennes entreprises au sein de son propre pays ainsi que l'implantation de sociétés étrangères. La consigne est claire : « D'ici à 2020, notre budget doit être entièrement financé par des activités autres que l'extraction des hydrocarbures », a-t-il déclaré au FMI en 2010. Un défi pour ce pays, plus gros émetteur de dioxyde de carbone par habitant au monde. Le Qatar a érigé l'éducation en priorité. Et pour faire passer le message, l'émir a délégué une ambassadrice de charme : la deuxième et la plus médiatique de ses trois épouses. Depuis 1995, elle dirige la fondation Qatar pour « l'éducation, la science et le développement communautaire », dont le budget annuel est évalué à onze milliards d'euros.
En septembre 2009, il promet de donner un cheval en or au journaliste irakien Muntadhar al Zaidi, célèbre pour avoir jeté ses chaussures sur le président des États-Unis de l'époque, George W. Bush.
En juin 2013, le journal britannique The Daily Telegraph publie un article sur une probable abdication de l'émir en faveur de son fils Tamim avant la fin du mois. Cette information est reprise par de nombreux médias. L'information est publiée deux semaines avant la tenue prévue des premières élections législatives de l'histoire du pays, qui doivent avoir lieu le 30 juin.
Son abdication est finalement annoncée le 25 juin 2013 et il prend le titre d'« émir-père ».

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