lundi 14 mai 2012

HAFEZ EL-ASSAD



Hafez el-Assad (ou Hafiz al-Asad) (6 octobre 1930 -- 10 juin 2000) (en arabe : حافظ الأسد), né Hafez el-Wahch (en arabe : حافظ الوحش) est un homme politique syrien
Après son accession au pouvoir à la suite d’un coup d’État en 1970, il sera président de la République jusqu’à sa mort en 2000. Son fils, Bachar, lui a succédé.
Son régime fortement autoritaire, structuré autour du parti unique du Baas, a mis en place un contrôle de l’ensemble de la vie politique syrienne. Il a conféré une stabilité à un pouvoir politique syrien marqué jusque là par les coups d’État et a fait de la Syrie un acteur incontournable du Moyen-Orient.



Hafez el-Wahch est né à Qardaha dans l’ouest de la Syrie au sein d’une famille appartenant à la communauté religieuse minoritaire des Alaouites, proche du chiisme. Il a été le premier membre de sa famille à aller au lycée. Il milite au sein du parti Ba’as dès l’âge de 16 ans, en 1946. Sa famille ne pouvant lui offrir une éducation universitaire, Assad s’inscrivit à l’Académie militaire syrienne, où l’on bénéficiait d’une scolarité gratuite. Il s’y révéla un éléve brillant et fut envoyé en formation complémentaire en Union soviétique au sein de l’Armée rouge. Par ailleurs, Assad rencontra, à l’Académie, Mustapha Tlass, qui fut, par la suite, son compagnon de lutte politique. Son ascension au sein de la hiérarchie militaire fut rapide, faisant de lui une figure importante de celle-ci. Assad s’opposa en 1958 à l’union entre l’Égypte et la Syrie qui devait créer la République arabe unie. Stationné au Caire, il travailla, en compagnie d’autres officiers, à mettre un terme à cette union. Quoique, baassiste et favorable à l’idéal d’une union panarabe, il s’opposait à la domination du régime de Nasser au sein de la République arabe unie. En conséquence, Hafez el-Assad fut brièvement emprisonné par les autorités égyptiennes lors de la dissolution de la république unitaire en 1961.
Dans le chaos qui suivit la dissolution de l’union égypto-syrienne, une coalition de groupements politiques de gauche menée par le Ba’as prit le pouvoir. Assad fut nommé chef d’état-major de l’armée de l’air en 1964. L’État était alors officiellement dirigé par Amin al-Hafez, d’obédience sunnite. En fait, à travers le parti Baas qu’ils contrôlaient, il était dominé par un groupe de jeunes alaouites, dont Assad faisait partie.

L’accession au pouvoir

En 1966, l’aile pro-soviétique du Baas, menée par Salah Jedid, entreprit un coup d’État au sein du régime et écarta les autres partis du gouvernement. Pressenti de plus en plus comme un membre puissant du gouvernement, Hafez el-Wahch (littéralement traduit en arabe par « sauvage ») modifie son nom au profit de « el-Assad » (qui veut dire « lion » en arabe). Puis Assad devint ministre de la Défense, et exerça dès lors un pouvoir considérable sur la politique gouvernementale. Le pouvoir était toutefois traversé par d’importantes tensions entre une aile radicale du Baas, favorable à une politique étrangère agressive et à des réformes sociales rapides, et une aile militaire, dirigé par Assad, plus pragmatique. Après le discrédit de la défaite militaire de la guerre des Six Jours, et l’intervention avortée de la Syrie dans le conflit jordano-palestinien de Septembre noir, ces tensions se transformèrent en un conflit ouvert. Quand le président Noureddine al-Atassi et le secrétaire général du parti Baas, Salah Jedid, prirent conscience du danger et ordonnèrent que Assad et Tlass fussent écartés de toute position de pouvoir dans le parti et le gouvernement, il était trop tard. Hafez el-Assad lança rapidement un coup de force à l’intérieur du parti. Ce dernier fut « purgé », Atassi et Jadid envoyés en prison, et les partisans d’Assad s’emparèrent de tous les postes clés de l’appareil d’État.

Un régime fortement autoritaire

Hafez el-Assad hérita d’un régime dictatorial, établi durant de longues années d’un pouvoir militaire instable, puis réorganisé suivant la politique du parti unique du Baas. Non seulement, il ne rompit pas avec ce régime, mais il en accrut la dimension répressive, et s’efforça de contrôler chaque secteur de la société à travers un vaste appareil policier et de renseignement.
Le régime mit également en place un culte de sa personnalité, le décrivant comme un dirigeant juste, sage et puissant de la Syrie et du monde arabe en général. À la manière soviétique, ce culte se traduisit par un vaste système de propagande fait d’affichages de son effigie, d’érections de sa statue, de discours publics glorificateurs, etc. Son fils Bassel appelé à lui succéder, fit, plus tard, l’objet d’un culte semblable mais il trouva la mort dans un accident de voiture le 21 janvier 1994.
Le régime trouva un soutien essentiel dans la minorité alaouite, dont Hafez el-Assad plaça des membres à de nombreux postes clés de l’appareil d’État. Certaines sources mentionnent Assad comme étant membre de la franc-maçonnerie1.
Le régime se caractérisa ainsi par l’emprise qu’il a exercé sur la vie sociale et politique, interdisant toute opposition et réprimant avec violence toute contestation. L’écrasement militaire du soulèvement des fondamentalistes sunnites, les Frères musulmans, dans la ville de Hama en 1982 est l’épisode le plus marquant de cette répression.
Aujourd’hui encore, héritage de cette période et malgré la mort de Hafez el-Assad, la peur de parler publiquement ou d’être écouté est constante parmi les Syriens.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire