lundi 17 février 2014

SHAH D ' IRAN ( 1919-1980 )

Mohammad Reza Chah Pahlavi ou Muhammad Rizā Shāh Pahlevi (en persan : محمد رضا شاه پهلوی), né le 26 octobre 1919 à Téhéran et mort le 27 juillet 1980 au Caire, Il était le deuxième et dernier monarque de la Chambre des Pahlavi Homayouni de la monarchie iranienne est le dernier chah d'Iran qui régna du 16 septembre 1941 au 11 février 1979 (événement dit du 22 Bahman 1357).
Contraint à l'exil le 16 janvier 1979, il fut remplacé par un conseil royal et renversé par la Révolution iranienne. Mohammad Reza Pahlavi n'a jamais abdiqué officiellement.
Mohammad Reza succéda à son père, Reza Chah, lorsque ce dernier fut contraint d’abdiquer en septembre 1941, peu après l'invasion anglo-soviétique. À la tête d'un empire occupé, soumis au bon vouloir de Churchill et Staline, le jeune chah fut également confronté aux tentatives sécessionnistes dans les provinces du nord-est et aux rébellions tribales dans le sud du pays. Après la Seconde Guerre mondiale, Mohammad Reza Pahlavi se rapprocha progressivement des États-Unis et entretint des liens très étroits avec la Maison-Blanche, en particulier avec les présidents Dwight Eisenhower et Richard Nixon.
L’essor de la production pétrolière au Moyen-Orient entraîna sous son règne une crise internationale qui allait opposer le Premier ministre nationaliste Mossadegh et la Grande-Bretagne. Appuyé par l’armée et les services secrets anglo-américains qui renversèrent Mossadegh, Mohammad Reza Pahlavi fut restauré sur le trône après un bref exil en Italie. Évoluant ensuite vers une conception plus nationale, réformiste et autoritaire de la politique intérieure, le chah d’Iran entreprit, par référendum, un vaste programme de progrès social et de développement économique (la Révolution blanche) associé à une répression des mouvements d’opposition incarnée par la Savak. À l’extérieur, tout en demeurant un allié de premier plan pour les Américains et les chancelleries occidentales, Mohammad Reza Pahlavi se rapprocha progressivement de l’Union soviétique puis de la Chine, traduisant ainsi un désir d’émancipation et de neutralisme.
Si la politique volontariste du chah améliora considérablement le niveau de vie des Iraniens et permit au pays une modernisation rapide dans les années 1960 et 1970, elle contribua à élargir le fossé économique, social et culturel entre une élite fortement occidentalisée et une classe populaire sensible au conservatisme religieux.


En 1978, de plus en plus critiqué, le chah dut faire face à un soulèvement populaire (la Révolution iranienne) qui s'accentua au fil des mois et d'où émergèrent les fondamentalistes chiites inspirés par l'ayatollah Khomeini. En janvier 1979, après avoir perdu progressivement ses soutiens traditionnels et l'appui occidental, Mohammad Reza Pahlavi nomma en dernier recours l'opposant social-démocrate Shapour Bakhtiar au poste de Premier ministre et quitta ensuite l'Iran. Le renversement du gouvernement Bakhtiar et la déclaration de neutralité de l'armée, quelques semaines plus tard, précipitèrent sa chute et contribuèrent à l'avènement de Khomeini. Contraint à l'exil et atteint d'un cancer, Mohammad Reza Chah Pahlavi décéda en Égypte l'année suivante.


Accession au trône
Suite à l'abdication de son père, écarté du pouvoir par les Anglais et les Soviétiques au début de la Seconde Guerre mondiale, Mohammad Reza devient Chah d'Iran le 16 septembre 1941. Le jeune homme inexpérimenté, qui se trouve propulsé sur le trône du Paon à l'aube de ses vingt-deux ans, débute son règne avec un pouvoir purement nominal et protocolaire, sévèrement limité par les Britanniques. Exaspérés par les libertés prises par Reza Chah, ces derniers avaient caressé l'idée de réhabiliter la dynastie Kadjar. Aussi, jetèrent-ils leur dévolu sur Soltan Hamid Mirza qui était le fils de l'ancien régent Mohammad Hassan Mirza et le neveu d'Ahmad Chah Qajar. Toutefois la probabilité de voir ce prétendant monter sur le trône paraissait bien faible tant son profil révélait des failles non négligeables : Soltan Hamid Mirza ne parlait pas le persan et connaissait bien mieux Londres et la Riviera italienne que sa terre natale quittée à l'âge de quatre ans.

Mohammad Reza Pahlavi succède à son père en septembre 1941 dans un contexte difficile, l'Iran étant en partie occupé par les armées anglo-soviétiques. Sous l'impulsion du Premier ministre Mohammad Ali Foroughi, le jeune chah laisse s'instaurer un régime plus démocratique et octroie aux forces alliées le droit de transiter du golfe Persique vers l’URSS: en échange, un traité (janvier 1942) garantit l'intégrité territoriale et le départ des armées d'occupation six mois après la fin de la guerre. En 1945-1946, alors que le conflit mondial est arrivé à son terme, Mohammad Reza Pahlavi et le Premier ministre Ghavam os-Saltaneh sont confrontés à diverses menées séparatistes, notamment en Azerbaïdjan iranien et au Kordestan, ainsi qu'au refus soviétique d'évacuer les provinces du nord sans négociations préalables. C'est à l'issue de l'intervention militaire dans les provinces rebelles et d'une offensive diplomatique orchestrée par Ghavam os-Saltaneh que le jeune monarque, naguère peu estimé par les grandes puissances, gagne en prestige et devient le symbole de l'unité nationale retrouvée.

Mohammad Reza Pahlavi à l'hôpital après l'attentat du 4 février 1949
Le 4 février 1949, soit quelques mois à peine après avoir échappé à la mort dans un accident d'avion, lors d'une visite d'inspection au barrage de Zayandeh rud, le chah devait faire l'objet d'une tentative d'assassinat durant les célébrations du dixième anniversaire de l'Université de Téhéran. Arrivé par la porte principale du bâtiment, Mohammad Reza Pahlavi devait recevoir deux balles d'un pistolet de petit calibre, un 6,35 mm. La première balle atteignit la joue droite, passant entre la gencive et la lèvre, pour sortir sous le nez. La seconde effleura le dos, arrachant des chairs de l'omoplate. Bien que les blessures eussent été jugées graves, elles étaient plus impressionnantes que mortelles ; aucun organe vital n'ayant été touché, le chah n'eut à subir que des points de suture et sortit de l'hôpital militaire no 1 quelques heures après. De retour au palais impérial, Mohammad Reza Pahlavi s'adressa à la nation dans un communiqué radiodiffusé et poursuivit ses activités comme à l'accoutumée.
La cause exacte de l'attentat devait demeurer une énigme, car l'agresseur fut tué durant sa fuite par des gardes qui étaient peu au fait des règles du Code pénal. Tout au plus, l'enquête révéla que l'auteur de l'attentat s'appelait Nasser Fakhr-Araï, qu'une carte de presse lui avait permis de déjouer la surveillance et qu'il était membre du Tudeh.

La lutte de pouvoir
À l’aube des années 1950, l’enjeu énergétique et la Guerre froide vont placer l’Iran au centre des préoccupations géostratégiques de la Grande-Bretagne, de l’Union soviétique et des États-Unis. En effet, Londres tient absolument à conserver sa maîtrise du Golfe Persique et sa mainmise sur les champs pétrolifères, par le biais de l’AIOC. De son côté, Moscou convoite les ressources naturelles de la Mer Caspienne et s’appuie sur le parti Tudeh pour influencer le cours des événements. Quant à la Washington, sous l’impulsion de la CIA et du cartel des Sept Sœurs, elle n’entend plus se laisser damer le pion par les puissances coloniales traditionnelles : il importe désormais d’ancrer durablement le modèle américain, tant d’un point de vue économique, politique qu’idéologique, au cœur du Moyen-Orient.

Le chah devient dès la fin des années 1950 un des dirigeants les plus importants du Moyen-Orient, grâce notamment au pétrole, à une armée puissante et à l'appui des États-Unis (Opération Ajax). Après avoir régné en souverain constitutionnel jusqu'à la chute du gouvernement de Mossadegh, il évolue vers une conception plus autoritaire et autocratique du pouvoir, supprimant le multipartisme et s'appuyant sur une police politique : la SAVAK.
Avec la Révolution blanche, Mohammad Reza Pahlavi modernise progressivement l'Iran pour en faire un pays occidentalisé. Son père Reza Chah avait lancé la construction d'un Iran laïc et à l'image de ce que Mustafa Kemal Atatürk a fait pour la Turquie : une révolution industrielle et culturelle.
La Révolution blanche concerne une série de mesures destinées à moderniser le pays, comme une réforme agraire, la constitution du corps de Sepah-e Danech (l'armée du savoir) pour alphabétiser les populations, la relève du suffrage universel, y compris pour les femmes, la mise en place d'un examen professionnel pour les aspirants théologiens islamiques (les mollahs) et ce en rupture avec les vieilles traditions religieuses.

Couronnement
C’est à l’automne 1967, le 26 octobre, qu’eurent lieu les cérémonies du sacre de Mohammad Reza Pahlavi. Durant les vingt-six années qui s’étaient écoulées depuis sa prestation de serment, en septembre 1941, le chah n’avait pas envisagé de ceindre la couronne impériale. Tant qu’il ne sentait pas l’Iran suffisamment engagé dans la voie du développement économique et social, il ne voulait pas « être le roi d’un pays pauvre » et n’éprouvait aucune fierté à être couronné devant un peuple encore pauvre et en partie illettré.

Célébrations des 2500 ans de la monarchie iranienne

Le chah a organisé du 12 au 16 octobre 1971 une fête spectaculaire, pour les deux mille cinq cents ans de l'Empire perse, sur le site de Persépolis, siège des rois d'Iran depuis des siècles. Monarques et présidents de monde entier ont fait le déplacement pour assister à cette folie destinée à célébrer la prodigieuse modernisation de l'Iran ainsi que son glorieux passé. Les Iraniens sont censés prendre conscience du prestige de leur pays dans le monde. Mais ce qu'ils virent, c'est que le chah a dépensé trois cents millions de dollars en tentes de soie équipées de toilettes en marbre, et en mets et vins pour vingt-cinq mille personnes, venus en avion depuis Paris.
L'Ayatollah Khomeiny condamna ces excès depuis Nadjaf, évoquant les millions d'Iraniens pauvres qui, selon lui, réclamaient l'aide du clergé pour la construction de bains publics: "Les crimes des rois d'Iran ont noirci les pages de l'histoire... Que sont devenues ces belles promesses, ces allégations prétentieuses selon lesquelles le peuple serait prospère et heureux?"

La chute
Sa politique a donné lieu à une croissance économique très forte durant les années 1960 et 1970. Cependant, en 1978, devant la brutalité des méthodes de la SAVAK, le faste ostentatoire des plus riches et de la famille impériale et une sclérose démocratique, le président américain Jimmy Carter demande au chah de libéraliser son pays.
Le chah fait appel à ses opposants les plus libéraux, comme Chapour Baktiar, pour tenter de sauver le régime impérial perçu comme trop autoritaire et trop occidentalisé en particulier par les conservateurs religieux. Le nouveau Premier ministre, pour pouvoir rétablir la situation, demande au chah de quitter l'Iran pour une durée indéterminée (le chah lui-même voulait absolument quitter le pays). Par mesure de sécurité, l'armée boucle tous les accès au quartier nord, la banlieue cossue où se situe la résidence des souverains. Le chah et l'impératrice Farah quittent en hélicoptère le palais de Niavaran pour l'aéroport de Mehrabad. Le 16 janvier 1979, l'avion transportant le couple impérial et quelques collaborateurs décolle : c'est le début de l'exil du chah.

L'exil

Le 16 janvier 1979, le chah se lève à l’aube et s’isole dans son bureau durant quelques heures. Il rejoint la chahbanou en fin de matinée. Suivant l’usage persan avant un long voyage, Mohammad Reza Pahlavi et l’impératrice Farah passent sous le Coran, après avoir distribué des objets précieux, des bijoux personnels et de l’argent. Ils saluent une dernière fois les militaires, dont le général Abdollah Badreï, et le personnel de la maison impériale avant de prendre place dans un des deux hélicoptères affrétés pour rejoindre l’aéroport de Mehrabad. Accueilli par des officiers et quelques civils, le couple impérial fait une brève déclaration à la presse iranienne et attend l’arrivée de Shapour Bakhtiar qui devait être préalablement investi par le Majles en tant que nouveau chef de l'exécutif. Ce dernier, accompagné par Djavad Saïd, le président du parlement, est aussitôt transporté par hélicoptère pour se joindre aux officiers, aux pilotes, aux personnalités de la Cour et aux membres de la Garde impériale rassemblés sur le tarmac de l’aéroport. Après avoir échangé quelques mots avec son Premier ministre, le chah salue les personnes présentes et monte dans un Boeing 707 bleu et blanc. Il est suivi par l’impératrice Farah et par quelques proches et collaborateurs. Aussitôt à bord, le chah prend les commandes de l’appareil baptisé Châhine qu'il va piloter jusqu’à la sortie de l’espace aérien national. Tandis que l’avion vole à destination de l’Égypte, où les souverains iraniens sont attendus par le couple Sadate, le quotidien national Ettela'at titre en première page « Chah raft » (le roi s'en va). De son côté, la population iranienne est partagée entre liesse, désolation et incertitude.

Première étape égyptienne (16 au 22 janvier 1979)
Accueillis dans un premier temps par le président Sadate, devenu au fil des années un allié et un ami fidèle, le chah et l'impératrice Farah séjournent à Assouan durant une semaine. Persuadé que la résistance serait mieux organisée à partir du territoire égyptien, le Raïs insiste pour que le couple impérial reste sur place. Le chah ne veut pas l'encombrer et sur l'invitation du roi Hassan II, un autre allié de longue date, il reprend l'avion à destination de Marrakech le 22 janvier 1979. Deux jours plus tôt, durant une conférence de presse, le président Jimmy Carter avait fait savoir que sa présence n'était plus souhaitée aux États-Unis : divisée au sein même de son administration et après avoir tenu des discours contradictoires des mois durant, la Maison-Blanche décide clairement d'abandonner son allié de naguère. Contrairement à ce qui avait été annoncé par les médias au début du mois de janvier, la famille impériale ne va donc pas s'installer à Palm Springs, en Californie, sur l'initiative de Nelson et David Rockefeller.

Étape marocaine (22 janvier au 30 mars 1979)
C'est durant son séjour au Maroc que le souverain empêché apprend la nouvelle du retour d'exil de Khomeiny et la fin du gouvernement de Shapour Bakhtiar, renversé par les révolutionnaires et privé du soutien de l'armée qui s'est déclarée neutre. Le régime islamique s'impose et va organiser une purge (la plupart des anciens ministres et officiers de l'ancien régime, encore présents en Iran, sont jugés et exécutés). Des menaces sont proférées contre les pays qui accepteraient d'accueillir le chah, dont le retour est exigé : les chefs religieux veulent le traduire en justice. Malgré les conseils et l'assurance du soutien du roi Hassan II, l'exil marocain n'excède pas trois semaines : arrivé en urgence de Paris, Alexandre de Marenches tire la sonnette d'alarme. Reçu en audience au palais de Rabat, le chef des services secrets français informe que les religieux iraniens ont l'intention d'enlever ou d'attenter à la vie des membres de la famille royale marocaine si celle-ci s'obstine à soutenir le chah. Hassan II refuse de céder au chantage, mais Mohammad Reza Pahlavi préfère éviter ce scénario : il décide donc de quitter le sol marocain.

Étape des Bahamas (30 mars au 10 juin 1979)
Roberto Armao, le responsable des relations publiques de la famille Rockefeller, est dépêché pour trouver une autre terre d'accueil. Devant faire face au refus ou aux tergiversations des alliés d'autrefois, l'émissaire reçoit finalement une réponse favorable de l'archipel des Bahamas. La solution demeure néanmoins provisoire puisque les souverains déchus n'obtiennent qu'un visa de trois mois et sont confinés dans une petite maison en bord de mer. Installés depuis le 30 mars 1979 à Paradise Island, aux Bahamas, les souverains iraniens sont cette fois acceptés par le Mexique, sur l'insistance conjointe de Roberto Armao et d'Henry Kissinger.

Étape mexicaine (10 juin au 22 octobre 1979)
La Villa de las Rosas, située dans une impasse de Cuernavaca, devient le nouveau havre de paix. Alors que tout laisse présager que le Mexique sera le point final de l'exil, la maladie dont souffre le chah depuis 1974 se rappelle à son souvenir : les ganglions du cou sont fortement enflés. Le professeur Flandrin, l'assistant du professeur Jean Bernard, est appelé de Paris en consultation. Pour la première fois le mot cancer est évoqué en présence du chah. Atteint de la maladie de Waldenström, Mohammad Reza Pahlavi doit subir une intervention chirurgicale dans les plus brefs délais : la chimiothérapie, à base de Chlorambucil, prescrite par les hématologues français, a atteint ses limites et il devient impératif de procéder à une splénectomie. Sceptique, l'administration Carter envoie ses propres médecins pour l'informer de l'état de santé du chah.

Première étape américaine (22 octobre au 1er décembre 1979)
L'admission du souverain au New York Hospital du Centre médical Cornell sera à l'origine de la crise iranienne des otages de l'ambassade américaine de Téhéran. Le chah est opéré mais seule la vésicule biliaire est extraite, tandis qu'un calcul reste dans le canal biliaire et que la rate, dont les proportions ont été jugées inquiétantes par les professeurs Flandrin et Coleman, est laissée en l'état. La situation devenant intenable, Mohamed Reza Pahlavi est à présent transféré au Memorial Sloan-Kettering Cancer Center où il doit suivre une cure de radiothérapie avant de pouvoir retourner à Cuernavaca. Mais la pression diplomatique contraint le président José López Portillo à renoncer à ses engagements, refusant désormais la présence du couple impérial sur le sol mexicain.

Seconde étape américaine (1 au 15 décembre 1979)
L'administration Carter prend la décision de transférer le chah et l'impératrice Farah sur la base militaire de Lackland, proche de San Antonio, au Texas, dans l'attente d'un départ vers une autre terre d'exil. Le couple impérial quitte New-York le 1er décembre 1979. À la Maison-Blanche, l'anxiété et les craintes dues à l'affaire des otages exigent un départ rapide du territoire américain. Après avoir sondé différents pays susceptibles d'accueillir les souverains iraniens, Jimmy Carter reçoit finalement un avis positif du président panaméen Omar Torrijos. Dépêché sur la base de Lackland, Hamilton Jordan, le chef de cabinet de Carter, fait part de la proposition au chah qui accepte de partir pour le Panama où les Américains, alors gardiens du canal, peuvent assurer une protection militaire et fournir des soins médicaux adaptés.

Étape panaméenne (15 décembre 1979 au 24 mars 1980)
Mohammad Reza Pahlavi s'installe dans une maison moderne sur l’île de Contadora, dans l’archipel des Perles, le 15 décembre 1979. Mais le répit n'est que de courte durée : les mollahs et Sadegh Ghotbzadeh, le ministre iranien des affaires étrangères, tentent d'obtenir son extradition avec l'aide des avocats franco-argentin Christian Bourguet et Hector Villalon. Le gouvernement panaméen, d'abord disposé à accueillir les souverains déchus, change de position : il ne verrait pas d'objection à négocier une extradition. Anouar el-Sadate, qui avait toujours demandé que les Pahlavi demeurent en Égypte, réitère son invitation. C'est donc le retour à la première destination d'exil, mais avant cela l'avion va être bloqué plusieurs heures dans l'archipel des Açores : des avocats, chargés par le régime islamique, tentent par ce moyen d'arrêter le Chah. L'avion décolle le 24 mars 1980 avant que les autorités locales ne reçoivent officiellement la demande.

Seconde étape égyptienne (24 mars au 27 juillet 1980)
Mohammad Reza Pahlavi, extrêmement diminué par la maladie, est installé au palais Koubeh avec les membres de sa famille. Transféré d'urgence à l'hôpital Ma'adi le 25 mars 1980, il doit subir une splénectomie : le professeur Michael E. DeBakey enlève la rate, mais laisse le foie infecté et ne dispose pas de drain sur le pancréas qui a été touché au cours de l'intervention chirurgicale. La dégradation de l'état de santé du chah nécessite une nouvelle opération qui n'est désormais plus assurée par le professeur DeBakey, mais par une équipe médicale française. Le 30 juin 1980, le docteur Pierre-Louis Fagniez procède au pompage d'un litre et demi de pus et à l'extraction des débris du pancréas. Suivra une agonie de plusieurs semaines qui prendra fin le dimanche 27 juillet 1980 vers 5 h du matin.

Funérailles
Les obsèques de Mohammad Reza Chah Pahlavi, dernier empereur d'Iran, eurent lieu deux jours plus tard, le 29 juillet 1980. Pour les circonstances, Anouar el Sadate offre des funérailles nationales grandioses à celui qu'il considère comme un ami et un allié : trois millions de Cairotes s'étaient rassemblés tout le long du parcours reliant le palais d'Abedin à la mosquée al-Rifai. Des centaines d'étudiants de l'Académie militaire conduisaient en musique la procession, vêtus d'uniformes blanc, jaune et noir, selon leur rang. Derrière les cadets marchaient des soldats arborant des couronnes de roses et d'iris, flanqués d'officiers à cheval et suivis directement par un escadron d'hommes qui portaient les décorations militaires du chah sur des coussins de velours noir. Le cercueil, drapé dans les couleurs de l'Iran impérial, reposait sur un affût de canon tiré par huit chevaux arabes. Il précédait le cortège à la tête duquel marchaient la chahbanou, les enfants du couple impérial et les frères du chah. Aux côtés des Pahlavi se tenaient le couple Sadate et l'ancien président américain Richard Nixon. Ce dernier, venu à titre privé, dénonça l'indignité de l'administration américaine et des principaux alliés occidentaux à l'égard du monarque déchu. Si la plupart des chefs d'État et de gouvernement en fonction n'assistèrent pas à la cérémonie, certains pays comme les États-Unis, la France, l'Allemagne de l'Ouest, l'Australie et Israël dépêchèrent néanmoins leurs ambassadeurs. Représenté par un de ses proches, Moulay Hafid Alaoui, le roi Hassan II avait offert une pièce de tissu brodé de prières qui avait recouvert la Kaaba: le présent du souverain marocain devait être déposé sur le linceul du chah avant son inhumation. Parmi les autres personnalités qui avaient fait le déplacement au Caire figuraient l'ex-roi Constantin II de Grèce et son épouse, Anne-Marie de Danemark, ainsi que le prince Vittorio Emanuele di Savoia. À la mosquée al-Rifai, la dépouille du chah fut descendue, en sous-sol dans un caveau particulier, en présence de ses deux fils.
L'impératrice Farah Diba et l'héritier du trône, son fils Reza Pahlavi, sont très impliqués aujourd’hui dans les mouvements d’opposition au régime iranien au niveau international.

Mariages et descendance

Mohammad Reza Pahlavi s’est marié trois fois et a eu cinq enfants.
La reine Fuzeye (Fawzia), la reine Soraya et la reine Farah.

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