lundi 14 mai 2012

KIM JONG-UN


Le fils de Kim Jong-il a très officiellement été investi pour prendre la succession de son père, mort samedi.

Kim Jong-il et son fils Kim Jong-un assistent à une parade militaire en Corée du Nord, le 10 octobre 2010. © Maxppp


La Corée du Nord a très officiellement décrit Kim Jong-un, plus jeune fils du dirigeant Kim Jong-il, comme le "grand successeur" de son père après sa mort survenue samedi et annoncée lundi par les médias d'État du régime stalinien. "À l'avant-garde de la révolution coréenne se trouve à présent Kim Jong-un, grand successeur de la cause révolutionnaire du Juché et chef remarquable de notre parti, de notre armée et de notre peuple", a rapporté l'agence officielle nord-coréenne. Le Juché désigne l'idéologie développée par le fondateur de la République populaire démocratique de Corée (RPDC), Kim Il-sung, père de Kim Jong-il et grand-père de Kim Jong-un, mélange de communisme et d'autosuffisance.

À moins de trente ans, l'énigmatique Kim Jong-un accède donc à la tête de l'unique dynastie communiste au monde, dotée de l'arme nucléaire, sans n'avoir rien laissé transparaître de sa personnalité, ni de ses intentions. Ce n'est qu'en septembre 2010 que, pour la première fois, Pyongyang avait publié des clichés récents du jeune homme, pris aux côtés de son père en compagnie d'autres dignitaires. La seule photo connue auparavant datait de plus de 10 ans.

Culte de la personnalité

Et celle-ci annonçait, selon les analystes, l'accélération du processus de succession dynastique, quelques jours après que Kim Jong-un avait accédé à de hautes fonctions au sein du Parti des travailleurs de Corée. Un peu plus tôt, malgré son très jeune âge, il avait été nommé général quatre étoiles. Selon les services de renseignements sud-coréens, le jeune homme qui serait né de la troisième épouse de Kim Jong-il, une danseuse d'origine japonaise décédée d'un cancer, a été formé dans des institutions suisses où il est devenu un grand amateur de basket-ball.

Dans un régime où le culte de la personnalité a été porté à son paroxysme, l'appareil de propagande avait déjà préparé son avènement et il était désigné dès l'an passé sous le titre de "jeune capitaine" ou "jeune général". Kenji Fujimoto, chef cuisinier japonais longtemps au service de Kim Jong-il à Pyongyang, l'a décrit comme "fait du même bois que son père, son portrait craché, en ce qui concerne le visage, la corpulence et la personnalité". Autant d'éléments qui lui auraient valu la préférence de son père, aux dépens de ses deux autres frères, l'aîné Kim Jong-nam et le deuxième fils Kim Jong-chul. Kim Jong-un n'était pas cité initialement par les analystes comme le mieux placé dans l'ordre de succession, son frère aîné faisant longtemps figure de favori.

Influence

Mais celui-ci aurait perdu les faveurs paternelles depuis son expulsion du Japon où il avait tenté de pénétrer, muni d'un faux passeport, en 2001. Même s'il a ensuite été nommé à un poste-clef au sein du Parti des travailleurs, la formation unique qui préside d'une main de fer aux destinées du pays. "Jong-un est connu comme ayant le potentiel pour devenir un leader fort, intransigeant. Il a la personnalité pour assumer des responsabilités", avait estimé l'an passé Cheong Seong-chang, spécialiste de la Corée du Nord au centre de réflexion Sejong de Séoul.

Selon certaines sources, Kim Jong-il avait obtenu le soutien de Pékin sur la désignation de son fils, ainsi que des garanties sur la survie du régime pendant une éventuelle phase de succession. Depuis l'été 2009, les rapports officiels étaient transmis de père en fils. "Résultat, depuis l'été 2010, Kim Jong-un a une influence sur les affaires d'État comparable à celle de son père, à l'exception de la politique étrangère", avait relevé Cheong Seong-chang.

En septembre dernier, il avait fait une rare apparition publique aux côtés de son père à l'occasion d'un défilé militaire marquant le 63e anniversaire du régime communiste, selon les médias officiels. La télévision nord-coréenne avait montré les deux hommes en train d'applaudir depuis la tribune d'honneur au passage des unités motorisées, sur la vaste place qui porte le nom du fondateur de la République populaire démocratique de Corée (RPDC), Kim Il-sung, défunt père de Kim Jong-il et grand-père du nouveau leader.

NOTES
Jeunesse et éducation
Kim Jong-eun est né en 1983 ou 1984, cependant le régime nord-coréen indiquerait l'année 1982 qui coïnciderait avec l'année de naissance de son grand-père Kim Il-sung né en 1912. Ce procédé avait déjà été utilisé avec Kim Jong-il né en 1941 mais dont la biographie officielle mentionne 1942.
Kim Jong-eun aurait étudié à l'école internationale de Gümlingen, à Berne, en Suisse, sous le nom de Pak Chol, puis à l'école publique de Liebefeld, sous celui de Pak Un, et parlerait anglais, français et allemand.

Vie privée


Kim Jong-un est le fils le plus jeune et le préféré de Kim Jong-il. Sa mère, Ko Young-hee, née en juin 1953 à Osaka au Japon, retournée en Corée du Nord en mai 1961, diplômée de l'Université de Musique et de Danse de Pyongyang en 1970, danseuse dans la Troupe d'Art de Mansudae en 1971, est décédée d'un cancer du sein à l'Institut Gustave-Roussy de Villejuif en mai 2004. Elle avait surnommé son fils « Le roi de l’étoile du matin ». Kim Jong-un est le frère de Kim Jong-chol (né le 25 septembre 1981) et de Kim Yo-jong (née en 1987), le demi-frère de Kim Jong-nam (né le 10 mai 1971) et de Kim Sul-song (née en 1974).

Selon diverses sources diplomatiques, Kim Jong-un s'est fiancé en 2008 puis marié en 2010 à une jeune femme originaire de Chongjin, diplômée en 2010 de l'Université Kim Il-sung de Pyongyang, née en 1981 et dont l'identité est tenue secrète. Le beau-père serait professeur d'université et la belle-mère, gynécologue. Le jeune couple aurait un enfant. Le 25 juillet 2012, les médias officiels nord-coréens annoncent son mariage avec Ri Sol-ju après que le couple soit apparu ensemble en public au cours des semaines précédentes.
Kim Jong-un aurait été victime d'un accident de la route en août 2008 et souffrirait, comme son père, de diabète et d'hypertension. Il serait fumeur et amateur de whisky depuis l'âge de 15 ans. Il pèserait environ 90 kg et mesurerait près de 175 cm.
Il parlerait anglais, français et allemand et serait féru d'informatique.
Kenji Fujimoto qui a été le cuisinier japonais attitré de Kim Jong-il de 1988 à 2001 décrit Kim Jong-un comme « fait du même bois que son père, son portrait craché, en ce qui concerne le visage, la corpulence et la personnalité ». Mais Kim Jong-un cultive surtout sa ressemblance physique avec son grand-père Kim Il-sung, en imitant ses gestes et sa démarche, en adoptant la même coupe de cheveux que lui et en s'habillant en costume Mao noir. La presse sud-coréenne prétend qu'il aurait eu recours entre 2007 et 2010 à six opérations chirurgicales pour accentuer la ressemblance.
Les responsables du renseignement américain le décrivent comme instable dans sa prime jeunesse et ayant une tendance sadique, appréciant torturer les animaux.





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