mardi 1 mai 2012

CHASSE AVEC L' AIGLE ROYAL


L’aigle royal est le plus grand rapace dans l’hémisphère Nord. Répandue en Europe et en Asie, le « Berkut » est l’oiseau préféré des Kazakhs pour la chasse dans l’ouest de Mongolie « Altaï ».

Les plumes dorées lui couvrent la nuque et l’occiput. Sa vision, 8 fois supérieure a celle de l’homme, lui permet de repérer ses proies de très haut. Les Kazakhs choisissent plutôt les femelles pour leurs grandes tailles. L’aigle mesure de 80 cm à 90 cm de long pour les mâles et de 90 à 100 cm de long pour les femelles. L'envergure de ses ailes, larges et arrondies en V, est d'environ 190 cm à 220 cm pour les mâles et de 220 cm à 250 cm pour les femelles. Il pèse de 3,5 kg à 5 kg pour les mâles et de 6 kg à 7,5 kg pour les femelles qui sont en moyenne plus grandes et plus lourdes que les mâles.

Autrefois, les Kazakhs-berkutchis chassaient avec l’aigle le lièvre, le renard, le manuul (chat sauvage) et même, de loup. Aujourd’hui, l’Association de protection de l’Aigle Royal à Bayan Olgii compte 400 aigliers parmi ses membres sur 95000 Kazakhs vivant en Mongolie.
C’est la plus grande communauté de « chasseurs-entraineurs » d’aigles comparée aux 15 millions de Kazakhs au Kazakhstan, Russie et Chine réunis.

Les Kazakhs admirent des qualités telles que le courage et la force d’aigle royal. Il transmettrait de son énergie à l’homme, disent-ils. Il est aussi considéré comme le plus beau des aigles et le roi des oiseaux.

Fin mars, avril, les femelles pondent un ou deux œufs blanchâtres tachetés de brun. La période d’incubation dure 45-50 jours.
Le couple - parents nourrit l’aiglon pendant deux mois et ils l’entraînent au vol. Petit à petit, il commence à voler et chasser seul pour ensuite quitter le nid définitivement.

L’aigle sauvage chasse aussi bien les bouquetins, les mouflons, les antilopes et les grands et petits oiseaux.

Il vie environ 35 ans, l’homme l’utilise en moyenne 10 ans, puis on le relâche dans la nature. Souvent, il l’aura enlevé du nid avant sont premier vol. L’aiglon est nourrit avec de la viande crue tous les jours, ensuite les repas seront plus espacés, en l’habituant au même moment au cri de son maître.

Puis ce sera l’entraînement à la chasse avec une peau de renard ou de marmotte traînée derrière un cheval pour mimer l’animal qui ce déplace. La viande de récompense lui sera donnée à travers cette peau.

Si l’aigle se rebelle et essaye de s’échapper, on le prive de nourriture et de sommeil durant 2 jours et 2 nuits pour le soumettre. La règle existe de ne jamais traiter avec violence l’aigle, il le deviendrait lui-même aussi.

Une diète appropriée lui est imposée pour qu’il puisse chasser.
Au printemps et en été, les aigles sont gros et inactifs, en hiver on les tient affamés pour la chasse.

Tous les ans le Festival d’Aigle à Bayan-Olgii est organisé en octobre avec l’initiative de Association de protection de l’aigle royal. Nous pouvons apprécier les traditions ancestrales kazakhs de la chasse avec l’aigle et d’autres performances culturelles, les costumes kazakhs, l’art équestre, la musique traditionnelle…


Altaï, Bayan Olgii, Festival d'Aigle 
En octobre, c’est le temps des aigles dans la province de Bayan Olgii. Habitée par la communauté kazakhe, elle se trouve à l’extrême ouest de Mongolie. Une région vaste et montagneuse. La vie nomade y est rude. 

Dans les temps anciens, les Kazakhs pratiquaient le culte de l’aigle royal, lequel pouvait les aider à survivre durant les hivers difficiles. Les aigles sont attrapés très jeune, et dressés à la chasse.
Aujourd'hui, la chasse à l'aigle est considérée comme un sport national par les Kazakhs, le Festival d’Aigle est le concours le plus élevé pour ces entraîneurs ; il est l'équivalent du Festival « Naadam » pour les lutteurs Mongols.

Le Festival s'ouvre par le magnifique défilé des chasseurs à cheval, portant des costumes brodés traditionnels kazakhs, l'oiseau de proie sur le bras. Sur la place principale de la ville d’Olgii, les enfants de l'école, les parents et les jeunes en robes traditionnelles colorées sont présents et fières de vivre leur culture kazakhe. Ensuite, les aigliers-chasseurs et toutes les autres personnes, vont à la montagne pour deux jours de fête kazakhe.

Nous avons admiré plus de 80 chasseurs qui ont participé au Festival d’Aigle (Octobre 2008).
400 Kazakhs sont enregistrés comme chasseurs dans la province de Bayan Olgii (95 000 habitants). Les aigliers défilent à cheval, leurs grands oiseaux sur les bras, portant biyalai - un gant fait de la peau d’animal. L'aigle porte le tomaga (caguoule) sur la tête afin de pouvoir le poser.

Les compétitions de chasse sont spectaculaires, elles ont lieu sur des hautes falaises. Les aigles sont évalués pour leur vitesse et leur agilité, comment ils plongent pour se retrouver sur les bras de leurs propriétaires; leur rapidité à percevoir la peau de renard traînée dans la plaine.

Nous avons également vu les compétitions équestres qui montrent d'excellents cavaliers, hommes et femmes : tenge ilu – attraper rapidement des pièces de monnaie par terre, hyz kuar - course avec une fille, kokhpar – contester une peau de chèvre, le jeu connu en Asie Centrale dans une version différente comme bouzkachi, le tir à l'arc des archers-Uriankhai, courses des chevaux-ambleurs.

Les images de la cavalerie sont impressionnantes. Ces chasseurs-aigliers ont bousculé mes pensées vers l'ancienne gloire de Chinggis Khaan.

Les Kazakhs à cheval, vêtus sobrement de noir, et les visages marqués par le soleil sous les chapeaux fait en peau de renard. Particulièrement, leurs selles en bois faites il y a cent ans, les détails sur les harnais, des ornements métalliques rappellent l'ancien style mongol.
Tout cela dans un décor aride de haute montagne ... Nous sommes dans l’Altaï Mongol.

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